Inspiré du roman de Christophe Donner, le long-métrage cofinancé par la Région Normandie est annoncé comme étant l’un des plus gros films de l’année ! Après 46 jours de tournage, le clap de fin du film Tempête de Christian Duguay vient d’être donné à Cabourg (Calvados). Le film, qui se déroule dans le monde du cheval – plus spécialement le trot – est la 35e réalisation du Québécois connu notamment pour Jappeloup, Un sac de billes, ou encore Belle et Sébastien.
« On fait quelque chose d’extraordinaire »
Ancien champion équestre junior au Québec, le réalisateur a été séduit par l’histoire se déroulant dans le monde des courses hippiques, et par le message de résilience qu’elle véhicule. « Ne jamais lâcher. C’est un exemple pour continuer de foncer, chercher la lumière et l’atteindre. » Bien que les débuts du tournage aient été « nébuleux », comme il les qualifie, Christian Duguay qui a attrapé le Covid dès le 3e jour n’a rien perdu de son énergie. « Je suis porté par l’enthousiasme et la croyance qu’on fait quelque chose d’extraordinaire. » Entretien avec Christian Duguay.
Quel bilan faites-vous de ces 46 jours de tournage ?
Christian Duguay : « Extraordinaire… Sincèrement. La plus belle expérience de ma vie. Une expérience humaine d’abord, et un sujet que je connais bien : les chevaux. Et entouré d’une équipe de gens qui m’ont touché, que j’ai adorés… et qui m’ont supporté. On sait que je suis exigeant, mais aussi qu’il y a un challenge et une grande aventure. »
Le film a pour cadre le monde des courses hippiques. Est-ce difficile de diriger un cheval ?
« Les chevaux ont une sensibilité qu’il faut connaître. J’ai fait appel à Mario Luraschi avec qui j’ai fait au moins huit films. C’est probablement le meilleur cascadeur de la terre. Grâce à sa connaissance et son don de faire les choses – des trucs presque spirituels – on arrive à donner de vraies personnalités aux chevaux et à en faire également des acteurs. »
« Rendre l’histoire plus moderne »
Dans le roman « Tempête au haras » dont vous vous êtes inspiré, le héros est un jeune garçon. Pourquoi en avoir fait un rôle féminin ?
« J’ai hésité, puis j’ai pensé que le rapport d’une cavalière avec son père rendait l’histoire plus moderne. À force d’écrire, ça m’a paru être une évidence. »
De l’avis de toute équipe, « Tempête » est promis à un bel avenir.
« Le succès… c’est difficile à savoir. Avec mes très bons copains Ridley et feu Tony Scott, on avait l’habitude de dire que, à partir du 10e ou 15e jour de tournage, on peut savoir vers quoi va le film. Là, franchement il y a une très belle étoile au-dessus de Tempête. C’est un film très ambitieux. J’avais besoin d’une équipe qui se donne à fond et qui s’embarque dans une aventure audacieuse. »
Un producteur et deux chefs-décorateurs normands
La Normandie est particulièrement investie dans ce projet. Non seulement Maxime Delauney - producteur du film avec Romain Rousseau - est originaire de Carentan dans la Manche, mais, de plus, les deux chefs décorateurs, qui ont commencé à plancher sur le projet depuis début janvier 2021, sont de Douvres-la-Délivrande près de Caen.
« Christian est quelqu’un d’exceptionnel. C’est une belle aventure qui nous laissera un souvenir impérissable… comme un tatouage. » Pour le couple Frédérique Doublet-Grandclere et Frédéric Grandclere, c’est « une grande chance » d’avoir été amenée à rencontrer le réalisateur québécois par l’intermédiaire de la « boite » de production Nolita Cinéma. En raison de la pandémie, les premiers contacts ont eu lieu par visioconférence. « Dès que nous avons lu les premières pages, nous avons aimé le scénario, explique Frédéric. On a été super emballé. »
Devant l’importance du projet et la notoriété du réalisateur, il avoue « y être allé à petits pas ». À la tête d’un équipe d’une trentaine de personnes pendant un mois et demi, « les Freds » n’avaient jamais connu jusqu’alors un tournage aussi long, aussi ambitieux avec des décors aussi aboutis : « Au-delà de ce que nous pensions pourvoir faire. »